La Maison Laurentine

La Maison Laurentine est un centre d’art discret (à l’image de la discrétion de la Haute marne), créé sous forme associative et qui s’est fixé comme tâche d’ouvrir des espaces de dialogue, de conversation ou encore de vibrations entre l’art, les habitants, la nature et le territoire dans un contexte de profondes mutations politique, économique, sociale et environnementale.

Cela se traduit concrètement :

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Par l’accueil d’artistes en résidence de création, comme dans une famille sur le plan domestique, mais en jouant un rôle d’aide à la production et de conseil artistique qui passe par une écoute attentive, exigeante et non complaisante c’est-à-dire respectueuse de l’autre,

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Par l’instauration de relations durables et approfondies avec les habitants de notre village et des villages voisins. On se connaît et on s’estime. Le travail, le labeur nous cimente,

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Par l’organisation chaque année d’une manifestation estivale dont nous essayons qu’elle soit tous les ans une nouvelle surprise, une nouvelle découverte.

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Par l’édition de 2 revues :

- Opossum, revue de réflexion artistique et philosophique (découvrir la revue)

​- Les Yeux Ouverts, revue destinée à  valoriser les savoir- faire, les expériences de vie, les analyses de la situation et de la société que font les hauts marnais et ce, au moment même où ils se sentent délaissés, abandonnés, hors de radars des décisions qui sont prises en leur nom.

Les yeux OUVERTS a pour ambition d’aider chacun à rompre avec cette tendance féroce au repli sur soi et à porter son regard vers l’autre, qu’il soit voisin ou lointain. (Découvrir la revue)

 

Tout cela est ancré, pour ne pas dire enraciné (car il faut encore bien plus de temps), sur ce territoire dans des espaces bien identifiés :

  • Pendant 5 ans cet espace a été celui de la Maison Laurentine à Aubepierre-sur-Aube (au centre de  la quadrature Auberive / Arc-en-Barrois / Châteauvillain / Châtillon-sur-Seine,  autant dire le cœur du Futur Parc national, mais aussi sur l’axe de « la diagonale du vide ».   En arrivant dans cette grande demeure que nous avons choisie à dessein pour mener notre projet,

    • nous avons gardé le nom des précédents propriétaires  (anciens maires et industriel du bois) qui l’habitaient - trois générations de famille Laurent - et, en hommage à Jacqueline Laurent (femme généreuse et effacée), nous avons baptisé le centre d’art : la Maison Laurentine. 

    • nous avons ensuite ouvert grand les portes de la maison et accueilli les habitants qui pour la plupart n’avaient jamais franchi le seuil. Notre maison leur est devenue familière et amie, une sorte de jardin public peuplé d’œuvres.

    • Et, pendant 5 ans, nous avons organisé un cycle de manifestations intitulé «D’abord les Forêts» en référence à la citation de Giambattista Vico, philosophe italien du 16ème siècle qui disait «Au début il y eut d’abord les forêts, puis les cabanes, puis les villages, puis les cités et les sociétés savantes». Nous sommes donc revenus aux forêts.

  • Et puis il y a 2 ans, nos pas nous ont conduit sur  l’ancien site Le Chameau, friche industrielle de fabrication de bottes de prestige. Coup de foudre pour ce site, habité de son histoire.
    Nouvelles vibrations.  La Communauté  de Communes des Trois Forêts, propriétaire du site, nous a mis à disposition des espaces et facilité notre implantation

La Maison Laurentine a investi artistiquement les anciens hangars de stockage et d’expédition des productions.

- nous avons gardé le nom du lieu en le baptisant l’EXPEdition, symbole d’une nouvelle aventure humaine et collective, tout un programme à lui seul.

- nous avons fait une série d’avant-première de la toute nouvelle manifestation aux anciens salariés de l’usine, aux artisans et aux élus de la CC3F, une façon de leur rendre hommage et de leur dire notre gratitude. En 2015 deux manifestations ont eu lieu - l’une estivale intitulée «  de nos flèches perçons le ciel » et l’autre hivernale celle de l’Artothèque régionale- suivies cette année de DESTInées. Le site est sorti de sa léthargie. De nouveaux artisans se sont implantés, la CC3F et l’OT3F en ont fait leur siège et de nouveaux  artistes ont élu domicile.

 

En résumé, si depuis 2009 nous portons l’ambition de préfigurer une manifestation  d’art contemporain d’envergure internationale à la porte du futur Parc national, sur le site le Chameau nous avons le sentiment, qui de plus est, de participer à une action de revitalisation économique, culturelle et touristique de notre région et d’être des citoyens actifs. Nous bénévoles et tous les adhérents et visiteurs fidèles de la Maison Laurentine.

Demain, nous poursuivrons de façon encore différente, toujours différente et inattendue, en renforçant notre engagement auprès de ceux qui vivent sur ce territoire et le font vivre.

Nous continuerons d’accueillir des artistes d’ici et d’ailleurs (parfois très lointains : Taïwan, USA, Amérique latine, Chine, Québec…), des jeunes artistes en devenir et des artistes confirmés, inconnus et de grande notoriété ; dans tous les langages d’expression (peinture, photos, sculpture, installations sonores et multimédia, performance).

Nous continuerons de mener une action ancrée localement, sans négliger les autres terrains d’action au niveau national (Yvelines, Grand Paris Seine/Oise, Le Havre) et international (Berlin, Taïwan, Bruxelles).

Nous continuerons d’approfondir les relations avec les partenaires et amis culturels, artistes et compagnies de toujours (le Château de Faverolles, Sound track, les Décisifs, Nie Wiem, Compagnie Karin Vyncke) avec les forces vives de ce territoire (artisans, forestiers, agriculteurs, travailleurs sociaux, militants associatifs…). Après, « la Terre sens dessus dessous », nous participerons cette année à la journée porte ouverte de la Ferme d’Orchamps , aux rencontres des Naturalistes de Champagne Ardenne sur les usages de la Forêts, puis nous poursuivons avec un cycle sur l’eau, l’air, la politique, le social, tous sens dessus dessous.

Notre engagement consiste avant tout à permettre l’énoncé, sous différentes formes,  de points de vue différents voire divergents, de ménager des moments d’écoute et de compréhension réciproque, d’ouvrir des espaces de réflexion sereine, de faire bouger les lignes par le partage d’expériences que celles-ci émanent d’artisans, de salariés du public et du privé, d’agriculteurs et d’artistes.

L’idée majeure est de sortir de l’entre soi, quel qu’il soit. Ce n’est pas toujours facile. 

Rien n’est jamais gagné tant l’art du « bien vivre ensemble » est menacé de toutes parts et sur tous les fronts et car trop souvent, ici comme ailleurs, la culture, les arts sont perçus par un trop grand nombre de responsables  davantage comme un divertissement que comme une nécessité absolue pour refonder une société plus démocratique.

Pierre Bongiovanni, responsable artistique et Marie Solange Dubès, administration générale

(bénévoles de l'association)

Quelques chiffres 

En 6 ans la Maison Laurentine a accueilli en moyenne et par an :

- 51 artistes

- 80 œuvres

- 4850 visiteurs


Nous avons assuré  284 nuitées et 806 couverts

aidée en cela par une vingtaine de bénévoles.

 

L'association compte 61 membres adhérents,

dont 1/3 très impliqués

L’économie générale de la manifestation repose sur :

- 20% de financement public (11 000 €)

- 20% de mécénat (12 000 € du fonds Sakura et CIC )

- 20% de fonds propres résultant de commissariat d’expo et études menées hors territoire (13 000 €)

- 40% de contribution bénévole de communauté artistique et de l’association (valorisation bénévole et MAD de locaux)

Le budget annuel global comptable de notre association est de 36 000 euros ( hors contributions volontaires)

Quelques verbatims de visiteurs de l’exposition DESTINées de l’été 2016 ,  déposés dans la grande boîte noire (5 parmi les 119 que nous avons tous scannés)

 

« Magie d’un lieu industriel, hélas mort ! pas tout à fait, grâce à l’art »

« Très touchant, troublant, émouvant…à en pleurer »

« Une découverte hors du commun dans un lieu qui n’existait plus »

« Quand de belles âmes rencontrent un lieu abandonné, on redécouvre un territoire, ses richesses et on retrouve l’espoir… »

 

« Les images plaisent, les images choquent, les bruits, les sons flattent ou agrémentent. Rien n’est anodin !!! ces créations accompagneront longtemps mes jours, m’aideront à entendre le monde autrement et à enrichir mes yeux et mes oreilles."