Taoyuan Land Art Festival

 

Invité par Kai-huang Chen, le nouveau Président de "Taipei National University of the arts", j'ai participé au symposium organisé dans le cadre du "Taoyuan Land Art Festival" qui s'est déroulé dans cette ville le 27 août 2017.

 

L'originalité de cette manifestation réside dans le fait que les questions abordées par les différents intervenants portent toutes sur les relations Arts / Territoire / Population.

Notamment dans le contexte du Land Art qui est le cœur de la manifestation de Taoyuan.

 

Partout dans le monde les manifestations artistiques de land art se multiplient.

Probablement car elles apparaissent comme la voie la plus efficace de sensibilisation du public aux mutations écologiques et environnementales qui concernent la planète.

 

Pourtant tout reste à faire, et à penser, en ce qui concerne la relation entre ces manifestations et les populations qui habitent les territoires sur lesquelles elles se déroulent.

 

Dans notre expérience, qu'il s'agisse de la manifestation "Sculptures en l'île", dont nous assurons le commissariat artistique à Andrésy dans les Yvelines, ou bien qu'il s'agisse des manifestations que nous organisons dans le sud de la Haute-Marne, le cœur de la dynamique que nous essayons de mettre en œuvre est celui de la relation aux populations qui habitent ces territoires ainsi qu'aux visiteurs extérieurs.

 

Cette question n'est pas seulement pertinente en terme de management culturel ou de dynamisation économique d'une région par le développement de l'attraction touristique.

 

Elle est d'abord pertinente pour des raisons politiques.

 

La mise en question de la relation création artistique / territoires / populations permet de repenser les modalités d'une "conversation" innovante et mobilisatrice, condition indispensable au développement des quartiers, des villes, des régions , urbaines comme rurales.

 

Cette réflexion concerne tous les acteurs : les populations (avec les différents associations et organisations qui la compose), les artistes, les pouvoirs publics, les universitaires et les chercheurs, les responsables chargés du développement territorial, les entreprises.

 

Chacun devrait repenser les modalités de son engagement et tous ensemble devraient tenter d'inventer un langage commun pour ouvrir de nouvelles perspectives de développement.

 

Pour les artistes il s'agit de se confronter au monde réel dans ses dimensions sociales, économiques, culturelles.

 

Pour les entreprises il s'agit de repenser le mode d'inscription de l'activité économique dans le tissu social.

 

Pour les responsables politiques il s'agit de se projeter dans le futur en soutenant les initiatives innovantes et fédératrices.

 

Pour les universitaires et les chercheurs il s'agit de mettre à la disposition de tous des outils d'analyse et d'évaluation des projets.

 

Et pour tous il s'agit d'apprendre à travailler et à penser collectivement et pour le bien commun. En mobilisant pour cela toutes les ressources existantes : réseaux informels, réseaux sociaux, nouvelles technologies, savoirs traditionnel, nouvelles perspectives écologiques et environnementales.

 

Dans cette perpective il faudrait créer des enseignements pluridisciplinaires, notamment sous forme de séminaires et de workshops, permettant de sensibiliser et de former les nouveaux acteurs qui, demain, deviendraient les architectes de nouvelles dynamiques artistiques et culturelles comme "fer de lance" du développent social et économique des régions.

 

Le Land Art est sans doute la meilleure voie d'accès à cette problématique.

Propositions pour l'enseignement du Land Art 


PROPOSITION DE CONTENU D'UN ENSEIGNEMENT DÉDIÉ AU LAND ART

 

1 / Repères historiques

a - Origine et grande dates du Land Art International

b - Le Land Art à Taiwan


2 / Cartographie conceptuelle des pratiques réunies sous le terme de Land Art
    A - Les installations éphémères
    B - Les installations pérennes
    C - Les interventions discrètes
    D - Les installations en symbiose avec l'environnement
    E - Effeuillage, cueillette et nomadisme
    F - Les installations monumentales destinées à marquer le paysage 
    G - Les installations a caractère religieux / sacré / ethnique / tribal

H - Land Art / nouvelles Technologies / réseaux sociaux

3 / Approche holistique du Land Art
    A - Relation à l'environnement local
      . Social
        . Politique
        . Economique
        . Industriel / agricole

    B - Relation au contexte mondial
        . Ecologie
        . Climat
        . Migrations de populations
        . Terrorisme
        . Repli Identitaire
        . Conflits religieux
    C - Relation aux populations concernées
    D - Philosophie de l'accueil du public
    E - Aménagement du territoire et développement local    

4 / Concevoir un projet de Land Art
   A -  Présentation du projet
        origine, nécessité, actualité
    B - Définir l'enjeu du projet
    C - Définir le contexte de réalisation 
    D - Descriptif technique
    E - Descriptif des moyens engagés dans la production
    F - Partenaires publics et privés engagés dans la production

 

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MODALITÉS DE L'ENSEIGNEMENT
Plusieurs modalités d'enseignement peuvent être envisagées :

A
Enseignement hebdomadaire / 3h par semaine pendant la durée d'un cycle (septembre / janvier) + 2 journées de présentation et sélection de 3 projets d'étudiants impliquant de partir en résidence à l'étranger (Mongolie, France, Brésil)

B
2 workshop de 5 jours + 2 journées de présentation et sélection de 3 projets impliquant de partir en résidences à l'étranger (Mongolie, France, Brésil)

C
1 workshop intensif de 4/5 jours à l'occasion d'un festival