



Par Marie Solange Dubès
A / Art & soin / prescription sociale & Art : une apparente et délicate contradiction
1er point - La relation instituée entre Art et Soins, est une subtile rencontre de deux milieux antagonistes
Pour l’approcher, j’emprunte aux travaux d’Adorno et de Horkheimer, deux philosophes de l'École de Francfort dans les années 50 et dont le propos est le suivant « L’art, à certaines conditions, peut ouvrir un espace de liberté qui s’oppose à un système de soin qui veut tout contrôler et qui fonctionne sur trois piliers rationnels –science/technoscience, l’économie et la justice. En effet,
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Le savoir médical a tendance à enfermer les gens dans leur pathologie et à transformer les soignants en techniciens accomplis.
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La raison économique à l’œuvre dans une institution de soin a tendance à réduire le patient au mieux à une source de profit et au pire à un coût, tandis que le personnel soignant est considéré comme gestionnaire de services et comme variable ajustable.
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La raison juridique, elle, identifie le patient à un plaignant en puissance et réduit la relation de soin à une procédure à suivre, de façon à protéger certes le patient mais aussi le soignant.
L’enjeu c’est que tout soit sous contrôle. Bien évidemment sans volonté délibérée d’être violent ni avec le patient, ni avec le soignant. Alors quand on essaie d’introduire de l’art dans les milieux de soin, de façon passive en ayant une attention à l’esthétique des lieux de soin, ou active en permettant à des patients de s’exprimer en tant que personne et de s’éprouver comme sujet irréductible aux étiquettes, on introduit dans un univers fermé – un espace de résistance et de liberté qui s’oppose à la raison ».
Introduire un artiste dans un espace de soins, ce n’est pas introduire une compétence normée mais une différence inattendue.
Là où la médecine applique des protocoles thérapeutiques, l 'artiste explore le monde sensoriel et émotionnel, quant aux praticiens de thérapies complémentaires ils oscillent entre les deux. L’idéal est atteint (si tant est que l’on puisse l’atteindre) quand le professionnel ou le praticien de santé est en même temps « thérapeute et artiste ». De nombreuses vidéos témoignent de cette double pratique et des bienfaits qui en résulte (voir par ex les vidéos témoignages sur le site de la Maison Laurentine).
Second point - Prescription sociale et art, sont deux termes en apparente contradiction
Le terme de Prescription médicale, et par extension de prescription sociale, comme celui d’ordonnance évoque d’emblée un acte d’autorité qui commande ce qu’il convient de faire précisément pour trouver, ici, la voie de la guérison… de même on « adresse » un patient à un confrère (comme on adresserait un colis), on lui « administre » des soins et des médicaments en le situant de facto à l’état d’objet pris en charge et non de sujet agissant. Quand il est « admis » dans service hospitalier, on lui attribue un n°, on lui pose un bracelet, et il rentre dans un tunnel de procédures sécurisées tout aussi rassurantes que déshumanisantes.
Vous comprendrez donc ma réserve sur le fait de considérer qu’une prescription puisse être qualifiée de sociale ou de culturelle car je suis tentée de dire que là où le médecin prescrit, le thérapeute conseille et l’artiste invite.
Ainsi, nous avons tendance à perpétuer par habitude, un langage désormais dépassé voire maltraitant, face à des patients désireux d’être considérés non comme un objet passif mais comme un sujet acteur de sa propre guérison.
Ce pas de côté étant fait, je vous invite maintenant, à porter un regard sur quelques formes de relations déjà instituées entre Art et Soins depuis les années 50 et pour terminer, nous réfléchirons ensemble au devenir des expérimentations existantes dans un contexte économique et politique où « rien n’est jamais acquis. »
B/ Quelques illustrations concrètes du lien art et soins en milieu institué depuis les années 60
En France,
En 1959 « La création de ministère de la culture avec André Malraux « ouvre la voie à une forme de “ré-enchantement du monde social par l'Art et la Culture "
Mais il faut attendre une quarantaine d’années pour passer de la démocratisation culturelle ( accès des œuvres au plus grand nombre, en fait, aux classes moyennes ) à la démocratie culturelle par une prise en compte des besoins psychologiques des usagers et, en particulier, des publics éloignés de la culture et empêchés (EHPAD, maintien à domicile, hôpitaux) parfois captifs (prison).
En 2000 Catherine Trautmann et Bernard Kouchner signent la première convention nationale " Culture à l'Hôpital », convention qui deviendra en 2010 " culture / santé " et depuis 2024 « culture, santé et autonomie" et qui consiste essentiellement à soutenir des résidences d'artistes dans les ESMS.
« Ainsi bien delà de l'art thérapie (qui s’est développée en milieu psychiatrique au sortir de la seconde guerre mondiale), et grâce à ces conventions qui ont été déclinées dans les régions, des jumelages féconds lient des établissements sanitaires et médico sociaux et des opérateurs culturels autour de projets conçus et réalisés en commun et, les ARS sont invitées à intégrer le volet culture dans leurs projets de territoire. Pour autant les institutions tendent à maintenir à la marge l'art et la culture en ne s'intéressant que très peu à l'évaluation des retombées positives sur le bien être des patients et la qualité de vie au travail des soignants, ils s’intéressent bien davantage à l’aspect communication et à leur image de marque ».
Au Royaume-Uni, le terme "prescription sociale", qui trouve ses origines dans le domaine de la santé publique et de la médecine communautaire, a été popularisé dans les années 1990, lorsque les professionnels de la santé ont commencé à reconnaître l'importance des facteurs sociaux et environnementaux sur la santé des individus et à mettre en place des actions ad hoc.
La consultation/prescription sociale gagne en popularité en France, avec des initiatives visant à intégrer cette approche dans le système de santé.
Outre les Résidences d’artistes développées dans le cadre du programme spécifique « Culture /Santé », d’autres dispositifs sont mis en place,
Les PASS (Permanences d’Accès aux Soins de Santé) sont créés dès 2007, notamment à L’Hôpital de la Timone - APHM, à l’Hôpital Saint-Joseph à Paris, aux Hôpitaux Civils de Lyon, qui instaurent une consultation sociale :
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couplée à une consultation de médecine générale de premier recours,
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ouverte aux étrangers demandeurs d’asile, aux personnes vulnérables sans couverture sociale, sans couverture complémentaire, ce qui compromet gravement leur accès aux soins,
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menée en relation avec des partenaires associatifs, soignants et institutionnels en charge de la précarité et qui proposent des activités comme des ateliers d'art et des groupes de soutien.
Art sur Ordonnance / Prescription muséale
Là encore un peu de chronologie
- 2018 - une expérience pionnière est menée par le Musée des Beaux-Arts de Montréal qui lance les premières visites sur ordonnance pour prouver les bienfaits sur la santé des visites muséales et rendre gratuit leur accès. Très rapidement le musée embauche une art thérapeute (là encore ce fut une première), notamment chargée de développer des projets en milieu hospitaliers (troubles mentaux) et un accès illimité et virtuel aux œuvres muséales est proposé aux personnels soignants et médicaux, pour leur ménager « une parenthèse culturelle ».
- 2019 – Le Château de Compiègne, est le 1er lieu culturel français à accueillir des visiteurs sur ordonnances délivrées par des médecins de l'Institut de cardiologie de la Pitié Salpêtrière. Il s’agit là d’observer des bienfaits psychologiques et médicaux de ce type d’initiatives (ne pas oublier que la Pitié Salpêtrière a été un des premiers hôpitaux à s’ouvrir aux thérapies complémentaires et à créer, dans les années 2010, un Centre Intégré de MTC – Médecine Traditionnelle Chinoise)
- 2021 - contexte COViD - Bruxelles (13 musées et autres lieux culturels), Neuchâtel et Genève se lancent dans la thérapie par l'art pour contribuer à améliorer la santé mentale et psychique.
- 2022 - Le MO.CO. Montpellier Contemporain et le Département d’Urgences et Post Urgences Psychiatriques (DUPUP) du CHU de Montpellier (Pr Courtet) inaugurent un projet partenarial inédit en France intitulé « L'Art sur ordonnance » au MO.CO. Ces 2 structures ont une conviction commune, celle de l’urgente nécessité à sensibiliser le public aux avantages de l’action artistique pour la santé mentale et à faire sortir les patients de l’hôpital en leur prescrivant de l’art. Sont prescrites des séances de création artistique avec des artistes pour faire baisser le niveau d’anxiété des patients suivis.
D’autres Villes et musées emboîtent le pas, c’est le cas de :
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du Musée Marmottan-Monet, toujours sous l’impulsion de la Cardiologie de la Pitié Salpêtrière (Pr Montalescot). Sont testées des visites avec des conférenciers afin de calmer les angoisses des patients en stimulant certaines zones du cerveau.
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de la Ville de Rennes (musées et Centres d’art) qui offre la possibilité de venir avec un proche et d'avoir une médiation adaptée afin de se reconnecter à soi et à la société.
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du Palais des Beaux-arts de Lille avec programme de recherche sur l’art thérapie notamment dans le cadre de la maladie d’Alzheimer et l’accompagnement d'enfants autistes
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du Louvre - Lens avec les cliniques du Nord Artois
- 2024
Le Musée canadien de la Nature (Ottawa) propose des activités en pleine nature connectée avec les visites de collections muséales présentant des créatures rares.
La Ville de Nice mobilise dix musées afin de faciliter l’accès à la culture et de proposer au corps médical un outil thérapeutique complémentaire non médicamenteux dans le cadre du suivi des patients. Un « kit prescription-coupon » intitulé « L’art, c’est la santé » est mis à la disposition des professionnels concernés, tout en veillant scrupuleusement au respect de l’anonymat dans la relation médecin-patient.
Enfin un Département se lance, celui des Yvelines avec le Programme Sol Y musée
concernant 18 musées et lieux culturels qui organisent des visites culturelles avec
accompagnement thérapeutique
Les Caring Museum, d’inspiration anglo saxonne et américaine
Le musée est par essence un espace où s’exerce le care, par le souci et le soin accordé aux œuvres muséales et à leur scénographie. Le British Museum, parle de « Care of collection ». Du souci de l’œuvre au souci du visiteur, quel qu’il soit, il n’y a qu’un pas que des musées nationaux franchissent sous la nouvelle bannière des « Caring Museum ». On peut citer là les actions menées avec les Musées de la Région de Philadelphie avec ARTZ@museum, le Musée des Beaux-Arts de Montréal, d’autres sans doute, qui ont en commun de vouloir être des espaces inclusifs, dans lesquels seraient développées des médiations adéquates, voire thérapeutiques, visant le mieux-être des usagers.
Introduire le mieux-être au musée, c’est surtout élargir le champ des possibles en médiation et en programmation au musée de séances de Yog’art, de siestes musicales, d’ateliers Qi Gong ou encore de séances de sophrologie… Tout cela devient possible et légitime.
Plus récemment émerge une offre de prestations commerciales sur le marché de la formation, j’en citerai deux.
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En 2022, l’émergence d’une offre de médiation culturelle dite « différenciante » à destination des responsables de musées, initiée par entreprise privée (« Mindfull Art ») qui organise aussi des « Café museum ».
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Ou encore plus récemment, la création en 2024 du 1er DU de prescription culturelle « art et soin » à l'Université Claude Bernard Lyon 1, sous la direction du Pr Carole Burillon, ophtalmologue.
Les manifestations de la Maison Laurentine
(centre de recherche et de création artistique, que Pierre Bongiovanni et moi animons) sont des moments privilégiés pour expérimenter et multiplier les modalités de rencontre entre des formes d'art et des contextes naturels et sociaux singuliers.
Je citerai là quelques exemples, issus de notre propre pratique, de ce qui s'avère fécond et prometteur :
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L’opération experts /non experts qui consiste à inviter des adultes fragilisés par des vies chaotiques à choisir une des œuvres d'art exposées pour en proposer un commentaire personnel. La liberté de parole, l'absence de jugement permettent le surgissement d’un vocabulaire inattendu, l’expression d’émotions rares, la possibilité de nouveaux espaces de partage. Dans de telles circonstances, nous pouvons témoigner que ces visiteurs font changer de camp l’expertise critique et étonnent les auteurs de l'œuvre commentée.
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Deuxième exemple, c’est celui d’un docteur en imagerie médicale qui décide d'installer, dans le bureau où il reçoit ses patients, une peinture onirique de très grande taille d’Eric Roux Fontaine, célébrant les beautés de la nature et de la vie sauvage, il le fait avec la conviction que cette peinture apportera au patient une émotion "vitale" qu'aucun mot ne saurait égaler. Par-là, ce médecin admet les limites de son art médical et de sa science pour soulager et s’en remet à des instances poétiques, irrationnelles qui enrichissent le praticien comme le patient.
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Dans le domaine de la médecine chinoise, nous avons reçu Patrick Shan, Eric Marié, considérés comme les grands spécialistes français des médecines chinoises qui lors de séminaires ont permis de réunir la pratique de la calligraphie (art pictural) en même temps que, la pharmacopée, l'acupuncture, les massages et la diététique, tout cela dans une dynamique globale de soins.
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Enfin, dans le domaine musical, je citerai Daniel Kapelian, compositeur de musiques très inspiré par les notions d’équilibre, de paix et d’harmonie entre les humains et la nature. Lors de sa résidence de recherche artistique à la Maison Laurentine, il a créé une ode dédiée au peuple des arbres, jouée de nuit, dans l’obscurité, sans aucune lumière, sans autre visuel que le ciel étoilé. Cette immersion sensorielle collective a permis de percevoir la musique plus intensément et d'en sublimer sa résonance en nous.
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Même dynamique avec la chanteuse et musicienne Ninon Valder, l'ensemble Ceremusa et Tiziano Lamentea (maître de shiatsu) qui combinent approches thérapeutiques et artistiques permettant d'amplifier les potentialités du corps et de la conscience par le son et la musique.
Ainsi, chaque saison nous offrons aux visiteurs des opportunités de plonger dans les splendeurs et les complexités de leurs émotions .
Rien n’est encore gagné…
Aujourd’hui, si la tentation est grande de penser que “ la puissance de vie” de l’art s’est enfin imposée dans le milieu médical, il convient de tempérer ce jugement tant des forces de régression sont à l’œuvre.
J’introduis donc une note d'inquiétude, quant au devenir de toutes ces « actions innovantes cachées dans les plis du social » car la relation art et soin est à une croisée de chemins dont nous pouvons pressentir les risques.
2 risques majeurs
- 1er risque : une remise en question parfois radicale des droits internationaux (ex : Déclaration Universelle des droits de l’Homme) et des mécanismes multilatéraux de coopération ou de régulation : l’OMS en est l’exemple type avec des détracteurs de tous bords alors même que certaines de ses résolutions et rapports restent un point d’appui essentiels pour ceux et celles qui agissent sur le terrain, sans cadrage ni impulsion nationale. Ce qui est le cas de la France en matière de Santé Intégrative.
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Dans son premier rapport de 2019, l’OMS au terme d'une analyse des éléments de preuves tirés de 900 publications du monde entier, conclut aux effets bénéfiques de l'art pour la santé tant physique que mentale.
Le rapport souligne aussi qu'en plus de donner de bons résultats, ils peuvent aussi être plus rentables que des traitements biomédicaux plus conventionnels. Enfin, étant donné que les interventions dans le domaine de l’art peuvent être adaptées à des personnes de différents horizons culturels, elles peuvent également être un moyen de faire participer des groupes minoritaires ou difficiles à atteindre.
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Un second rapport de l’OMS en 2023 montre comment les arts peuvent contribuer à la lutte contre les maladies chroniques et constate que les systèmes de santé sont désormais prêts à exploiter le potentiel des activités artistiques. Ils commencent à comprendre qu’ils peuvent utiliser ce que l’on appelle la prescription sociale pour recommander aux patients des thérapies artistiques concrètes et fondées sur des éléments de preuve. Bref, ce qu’ils ne peuvent faire sous le diktat de l’ordre des médecins, ils peuvent le faire dans le champ social sous forme de recommandations.
- 2ème risque : des coupes sombres et à bas bruit dans tous les budgets avec le risque de suppression des programmes spécifiques type culture / santé, ou encore la suppression des postes d’accompagnement social, chacun se recentrant sur son cœur d’activité avec retour d’un travail en silo. Un second risque étant, pour les opérateurs culturels, de voir leur financement maintenu à même hauteur mais sous conditions de remplir de nouvelles missions, pédagogiques voire thérapeutiques, à moyens constants au détriment de leur mission première de soutien à la création artistique.
Restons cependant confiants
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confiants dans notre capacité à résister aux forces régressives car les patients et les familles, les professionnels et les praticiens de santé engagés saurons faire pression et faire bouger les lignes, lentement mais sûrement
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confiants dans notre capacité à apporter des éléments de preuve des bénéfices des interventions artistiques dans une situation de soins, en complétant le descriptif de la démarche artistique par une évaluation qualitative et méthodique de ses effets observés et vécus tant par le patient que par son entourage.
Ce point mérite une petite incise sur les études et recherches qui commencent à se mener. Citons, à titre d’exemple :
Le Collège Universitaire de Londres 2019 - Analyse d’impact de l’art sur l’espérance de vie au travers de la fréquentation régulière ou occasionnelles de lieux culturels. Selon cette analyse qui a porté sur les données de 6170 adultes âgés de plus de 50 ans, les personnes enquêtées auraient 31% moins de chance de décéder pendant la période observée que ceux qui ne fréquentent pas de lieux culturels. Le risque est également moins important, 14% pour ceux qui ont une fréquentation occasionnelle.
L’Université KiuShu Sangyo de Tokyo, poursuit les travaux engagés par l'Université londonienne et mène entre 2020 et 2024 une expérimentation auprès de 1300 personnes sur des effets de « bain dans une atmosphère muséale » (hakubutsukanyoku)
Les effets observés sont un état de décompression, et au plan physiologique un ajustement de la pression artérielle à un niveau optimal.
L’étude sera poursuivie en élargissant le panel à 10 000 patients et en observant la variable liée aux choix des lieux culturels adaptés à la pathologie et au psychisme des patients.
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confiants enfin par la démarche engagée par l’ OMS , avec l’aide de HU, d'élaborer une résolution sur la SI sur laquelle nous pourrons nous appuyer. Ce n’est pas gagné !
CONCLUSION NOUS SOMMES CONVAINCUS
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de l'importance de résister positivement et d'agir localement mais sur la base de solides fondements communs aux plans national et international.
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des bienfaits d’une alliance thérapeutique incluant médecine conventionnelle/ thérapies complémentaires / art et nature,
Marie Solange Dubès / 26/01/25 - msdubes@gmail.com
SOURCES ET REFERENCES
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Synthèse par Baptiste De Reym/aeker, coordinateur de Culture & Démocratie, de l’intervention de Jean-Michel Longneaux /(philosophe, professeur à l’UCL, conseiller en éthique, rédacteur en chef de la revue Ethica clinica) qui intervenait lors la rencontre organisée par Culture & Démocratie « Soignants, artistes, usagers : faire liens pour faire sens ( 2023)
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Nombreux apports de Carole Delanoë-Vieux, docteure en design et chercheuse associée au laboratoire Projekt de l' Université de Nîmes. Co-fondatrice du " lab-ah" - laboratoire de l'accueil et de l'hospitalité. " Art et design dans les lieux de soins : pour une poétique de l'hospitalité" , Presses Universitaires de Lyon 2024.
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Termes utilisés par Denis Cerclet dans « ré-inventer la politique culturelle », La Passe du vent, 2012
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https://cdn-www.chu-nice.fr/assets/site/plaquetteculturebd.pdf
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https://www.club-innovation-culture.fr/dossier-art-sante-prescription-museale-france-monde/ [DOSSIER] Art et santé : la « prescription muséale » en France et dans le Monde (20/04/2025)
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https://link.springer.com/article/10.1186/s13643-025-02848-6
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Le rapport 2019 de l’OMS formule plusieurs recommandations à l’intention des décideurs dans le secteur de la santé ou en dehors concernant les politiques à mener.
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Veiller à ce que des programmes « d’art pour la santé » existent et soient accessibles au sein de la communauté ;
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Aider les organismes artistiques et culturels à intégrer la santé et le bien-être dans leur travail ;
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Promouvoir une sensibilisation du public aux bienfaits potentiels de l’art pour la santé
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Inclure les arts dans la formation des professionnels de santé ;
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Introduire ou renforcer les mécanismes par lesquels les établissements de santé ou d’aide sociale prescrivent des programmes ou des activités artistiques ;
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Investir dans des études supplémentaires portant en particulier sur un recours accru à des interventions dans le domaine de l’art et de la santé, et sur l’évaluation de ces dernières.






